Ted Bankz : « Il ne faut jamais laisser tomber, il ne faut jamais lâcher l’affaire »

C’est le bouche-à-oreille dans le Quartier Pernety qui nous a fait rencontrer Ted Bankz, le rappeur et producteur de rap aulnaysien, auteur de tout un album de chansons disponibles à la section Vidéos de sa page Facebook. Nous ne pouvions qu’être touchés et interpelés par son histoire personnelle qui illustre parfaitement que : « Le succès est le fils de la persévérance » (Pierre-Édouard Lémontey).

Un Aulnaysien très investi dans la vie associative de sa ville

Ted Bankz, Teddy pour les amis, est né à Ebolowa, une communauté urbaine du Cameroun située au cœur de la forêt équatoriale et reliée à Yaoundé, la capitale politique du pays, par un axe routier bitumé de 168 km. Arrivé en France à l’âge de cinq ans avec toute sa famille, il est n’en est pas moins resté attaché à ses racines et connait très bien sa région d’origine qu’il visite tous les étés. Il grandit en région parisienne où il suit une scolarité normale tout en s’impliquant activement dans la vie associative. Dès l’âge de douze ans (!), il crée sa propre association qui produit un certain nombres d’artistes, organise des voyages et des concerts et promeut la création de terrains de foot, de basket et de tennis pour répondre à la demande des jeunes de la cité des 3000 à Aulnay-sous-Bois. Aulnay ne vit à l’époque que par l’usine Citroën qui y est implantée et les distractions pour les jeunes y sont rares. Teddy voit son activisme précoce et tout azimut facilité par ses relations familiales qui bénéficient de contacts politiques haut placés (son père est pasteur, sa mère ancienne diplomate et son oncle travaille également avec l’ambassade du Cameroun). C’est pourtant de sa propre initiative que le 25 mai 1992 Teddy crée une association loi 1901 en en rédigeant les statuts en une soirée après avoir demandé à ses amis ce qu’ils voulaient faire. Ainsi nait Association Kingdom Productions (A.K.P.) qui va inspirer beaucoup de ses aînés et essaimer aussi bien à Aulnay qu’à Paris, à Versailles, au Raincy et à Londres. Teddy rappe également dès le plus jeune âge au sein de son groupe X-Unity auquel collaborent au chant sa petite soeur qui a huit ans et à l’écriture Factoris, qui deviendra par la suite producteur. Il est déjà convaincu qu’il finira par percer un jour ou l’autre en tant que rappeur. Il entretient par ailleurs d’excellentes relations avec Jean-Claude Abrioux, le maire d’Aulnay-sous-Bois, qui le sollicite souvent pour obtenir des conseils et des suggestions sur ce qu’attendent les jeunes de la ville. Son collège terminé, Teddy envisage de devenir employé technique de laboratoire pour se lancer dans la recherche mais se rabat finalement sur des études de commerce-comptabilité. Il obtient son BEP et travaille comme aide-comptable dans la zone industrielle d’Aulnay-Roissy-Charles-de-Gaulle. Il enchainera par la suite différents jobs avant de travailler trois ans chez Mac Do à Versailles avec le statut de travailleur handicapé. Car entretemps, Teddy vit un épisode très douloureux de sa vie qu’il raconte dans Malheur Extrême : l’agression qu’il a subie à l’âge de vingt-et-un à son retour du Cameroun et qui va profondément le marquer au point d’agir comme un révélateur de sa vocation de rappeur animé d’une inaltérable volonté de vivre et de réussir à travers son rap.

Un répertoire de rap conscient

« Comme Fizzi Pizzi, j’ai été manager, j’ai été producteur, et moi aussi j’en ai un peu marre qu’on me pique mes idées. Alors, moi aussi, j’ai décidé de commencer à rapper. Aussi simple que ça ». Ted Bankz est un peu fatigué d’avoir des idées pour les autres aussi bien au niveau associatif qu’au niveau musical. Il a donc décidé de rapper ses propres morceaux et de s’auto-produire en provoquant la chance pour lui-même. Qui n’essaie pas ne se trompe qu’une seule fois. Mais Teddy est au fond persuadé que cela finira par marcher car il sait comment faire avancer les choses comme il l’a déjà prouvé pour quelques uns par le passé. L’album qu’il a composé comprend une grosse dizaines de morceaux, par exemple Peur de Réussir dont les paroles écrites en collaboration avec son complice MC Vybes reflètent bien son état d’esprit : « Peur de réussir/Ma détermination a eu raison /De l’abandon sans rémission/Je poursuis mon ascension/Vers les grandeurs qui s’élèvent/[…]. ». Teddy admet avoir peur de réussir parce qu’il a commencé très tôt et qu’il a aidé dans sa jeunesse pas mal d’artistes dont il est persuadé qu’ils vont tous le reconnaître quand ils vont découvrir ses chansons telles Y a pas de fumée sans feu, une chanson dédiée aux fumeurs, ou bien encore Un Amour Parfait qu’il a écrite pour son amie. « J’ai un peu l’impression à un moment de ma vie d’avoir été mis de côté par les autres alors que j’avais tant donné à tous les niveaux. Quand j’ai perdu l’usage de mon bras suite à l’agression que j’ai subie, j’ai dû tout recommencer. Mais je n’ai jamais lâché l’affaire ; ça, je ne me lasserai jamais de le répéter. » Teddy me raconte tous les détails de sa vie mouvementée. C’est vrai qu’il revient de loin. Il s’en est tiré à force de volonté et de persévérance, et il continue encore aujourd’hui à se battre vaillamment pour simplement survivre. Que cette poisse s’en aille, adjure-t-il dans une autre de ses chansons. La volonté de tenir debout est en tout cas toujours là intacte et confortée par les souvenirs des gens avec lesquels il a travaillé par le passé (Jean-Claude Abrioux, Eric Raoult et Harlem Désir notamment) et de ses propres heureuses expériences au nombre desquelles figure celle d’avoir accueilli de très nombreux rappeurs pendant ses glorieuses années d’animateur à Radio Tropicale. Il est d’ailleurs en train de créer une radio qui portera le même nom, Génération Underground, que l’émission qu’il animait à l’époque. Preuve que l’on ne brise pas un homme qui a de la ressource et qui entend bien continuer à suivre sa bonne étoile. Les deux dernières chansons que Teddy a mises en ligne sur sa page Facebook sont Fusionnelles et Mon Coeur.

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