3 questions à Guillaume Chaumet, écrivain du 14ème arrondissement de Paris

 

Guillaume Chaumet a la poésie chevillée à l’âme. Il n’hésite pas à aborder des jeunes femmes inconnues à la terrasse des cafés du 14ème arrondissement de Paris pour leur déclamer les poèmes qu’elles lui inspirent. Pas forcément avec succès mais toujours avec style… Nous l’avons rencontré pour qu’il nous parle de sa passion des belles lettres.

Guillaume, comment est née votre vocation d’écrivain ?

J’ai besoin d’écrire. Ecrire m’aide à vaincre l’angoisse qui me saisit parfois. J’ai longtemps eu en tête d’écrire mais il m’a fallu attendre l’âge de 27 ans pour qu’en 2000-2001 je produise mon premier recueil de nouvelles intitulé « Fumées et autres nouvelles », un ouvrage violent et nihiliste que j’ai réussi à l’époque à faire publier à compte d’éditeur aux Editions « Le temps des cerises » en partenariat avec « L’Union des Ecrivains ». J’ai été encouragé à continuer par un poète hongrois, Tibor Papp, qui m’en fait une bonne critique. J’en suis aujourd’hui à mon septième ouvrage, un recueil de récits intitulé « Mémoires d’un poète à l’âme fracturée » dont je viens tout juste de corriger les épreuves, d’où mon état actuel d’extrême fatigue (rires). Ecrire est pour moi une forme d’exorcisme et même si j’estime que je n’écris pas très bien, écrire me fait du bien. (Pause) Enfin, pour être tout à fait honnête, je viens de relire les dernières épreuves de mon livre à venir et parfois je me dis : « C’est moi qui ai écrit ça ? Mais c’est vraiment génial ! » (rires). Sérieusement, j’ai aussi été influencé par mon environnement familial : mon père qui donnait des cours à l’université Panthéon-Assas a écrit plusieurs livres techniques de référence sur le droit des assurances, son grand-père (mon arrière-grand père donc) a été ministre et a également écrit plusieurs ouvrages ; du côté de ma mère, on est plutôt scientifique (normaliens et polytechniciens) mais ma mère m’a constamment encouragé à écrire. Et puis enfin il y a eu les chocs littéraires : Julien Green en premier lieu mais aussi Tolstoï, Borges, Dostoïevski et Bakhtine pour la philosophie.

Qu’est ce qui vous pousse à écrire, pourquoi écrivez-vous ?

Comme je le disais à l’instant, écrire me fait du bien et je me sens bien quand j’écris. Mon objectif n’est pas de rencontrer le succès commercial mais que mes livres circulent le plus possible et puissent susciter l’intérêt de leurs lecteurs. Je ne recherche pas non plus pour autant la célébrité, juste une forme de reconnaissance de la part de celles et ceux qui partagent les mêmes références culturelles et littéraires que moi. Mon dernier essai de philosophie intitulé « La pensée de la vie chez Bergson et Canguilhem » a d’ailleurs été retenu parmi les ouvrages de la librairie de Science Po, la célèbre école de la rue Saint Guillaume. J’aimerais que plus tard dans ma famille ou ailleurs quelqu’un tombe sur mes ouvrages et y trouve matière à penser ou même à s’émerveiller. Mais bien écrire est difficile et je cherche à m’améliorer en permanence. Il y a bien sûr une progression dans l’écriture après laquelle je cours, c’est cela aussi et surtout qui me pousse à continuer. Oui, au final, ce sont avant tout des objectifs littéraires que je poursuis et qui me motivent. Mon rêve serait de pouvoir écrire un bon bouquin de 400-500 pages, un « pavé russe » à la Tolstoï ou à la Dostoïevski, duquel on ne pourrait pas décrocher. Mais la route est encore longue (rires) ! D’autant qu’il est très difficile aujourd’hui de se faire publier car le milieu de l’édition est très difficile d’accès. Un jour, le neveu de Jean-Edern Hallier avec lequel je discutais m’a confié qu’il était impossible aujourd’hui de se faire éditer sans piston ou sans proposer un produit purement commercial. Le plus souvent les maisons d’édition que je contacte me répondent : « Désolé mais nous ne publions qu’un ou deux titres par an ». C’est comme ça !

Comment se passe la journée de l’écrivain que vous êtes ?

Je vis entouré de livres dans mon appartement de la rue des Plantes dans le 14ème arrondissement de Paris. Je me lève vers 11 heures du matin et je vais déjeuner chez ma mère qui est ma première lectrice et une redoutable critique. Je passe pas mal de temps à discuter avec elle, puis je vais faire des courses pour mon très frugal repas du soir à base de fruits. Je commence mes lectures du jour vers 14h30-15h. Actuellement, je lis « La peste » de Camus, « Qu’est-ce que l’art abstrait ? » de Georges Roque et je dois beaucoup me concentrer pour m’atteler à la lecture de « Maîtres et disciples » de George Steiner (rires). Je ne pratique malheureusement pas de sport mais je marche beaucoup. C’est le soir après le repas que j’écris. Jusqu’à minuit environ. Parfois rien ne vient, je suis systématiquement mécontent de ce que je produis et je passe mon temps à revoir ma copie, à faire et à refaire constamment. D’autres fois, je ressens une forme d’inspiration et je peux passer quatre ou cinq soirs d’affilée à écrire sans discontinuer. Le dimanche matin, j’aime flâner au « marché de la création » près du métro Edgard Quinet. Je me suis d’ailleurs proposé pour faire des commentaires sur les œuvres des exposants dont certains ont loué ma très bonne plume et m’ont offert un tableau en guise de remerciement.

Cliquez ici pour accéder au « Manifeste du parti idéaliste », un texte écrit en 2015 par Guillaume Chaumet et ici pour accéder à « L’hiver de l’écrivain » écrit en août 2017.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *