Cédric Grunenwald : « La municipalité ne prend pas suffisamment en compte la vie des citoyens ordinaires »

Les listes « Parisiennes, Parisiens, » présenteront onze candidats à Paris après le ralliement de Gaspard Gantzer à la liste LREM d’Agnès Buzyn dans le 6ème arrondissement. Le candidat du 14ème arrondissement est Cédric Grunenwald, l’ancien directeur de cabinet de feu Pierre Castagnou qui fut Maire du 14ème de 2001 jusquà sa mort en 2009. Il nous a consacré 20 minutes de son temps au café « Cocotte » pour nous présenter son programme destiné à « remettre les habitants au coeur du 14ème ».

Respect International : Cédric Grunenwald, pourriez-vous, s’il vous plait, vous présenter en quelques mots aux électeurs du 14ème arrondissement ?

Cédric Grunenwald : Je suis un responsable politique de 39 ans, marié et père de trois enfants. Après avoir grandi à Pézenas dans l’Hérault, je suis arrivé dans le 14ème en 2004 pour terminer mes études de management public. Mes racines sont hérautaises du côté de ma mère et alsacienne du côté de mon père qui est lui même né dans le 18ème arrondissement de Paris. Je suis rentré au cabinet de Pierre Castagnou, Maire du 14ème, en 2005, et j’y ai évolué jusqu’à en devenir son dernier directeur de cabinet. De 2009 à 2013, j’ai été directeur de cabinet de l’adjointe en charge du patrimoine auprès de Bertrand Delanoë. En 2014, j’ai été élu maire adjoint chargé des questions de sécurité. Je suis par ailleurs auditeur de la 28ème session de l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ), ce qui me donne une large expertise sur la problématique de la sécurité publique.

RI : Comment avez-vous réagi au ralliement de Gaspard Gantzer à la candidature d’Agnès Buzyn qui est la cheffe de fil LREM pour ces élections municipales 2020 à Paris ?

Cédric Grunenwald : Gaspard Gantzer a pris sa décision personnellement, sans en associer les têtes de liste de « Parisiennes, Parisiens, » et sans consulter les militants du mouvement. Je ne me suis donc senti aucunement lié par cette décision. Le mouvement qu’il a cofondé en 2018 a depuis décidé de poursuivre sans lui la dynamique initiée et il n’a en tout cas jamais été question pour moi de me rallier à la candidature d’Agnès Buzyn car si j’avais décidé de rejoindre la République en Marche je l’aurais fait depuis 2017.

RI : Quel bilan personnel et humain tirez-vous de votre participation à la municipalité du 14ème arrondissement en tant que Maire adjoint chargé des questions de prévention, de sécurité et d’espace public ?

Cédric Grunenwald : Je connais bien la ville pour avoir été directeur de cabinet de Pierre Castagnou. Je connais bien sûr très bien le 14ème arrondissement. Je suis à la fois heureux d’avoir servi mes concitoyens pendant six ans mais je reste en même temps lucide sur le bilan de la Mairie de Paris qui pour moi n’est pas forcément satisfaisant et qui m’a conduit à présenter une candidature indépendante. En matière de sécurité notamment qui est mon domaine particulier de compétences, je considère personnellement que la Mairie centrale est fautive car il y a effectivement des problèmes de sécurité à Paris et dans le 14ème arrondissement également. Je suis personnellement plutôt satisfait de mon bilan dans le 14ème même si bien évidemment tout est perfectible. Mais quand on n’a pas la main au niveau central et qu’il y a moins de policiers sur le terrain, il n’est pas facile de lutter efficacement contre les nuisances sonores, les incivilités quelles qu’elles soient, la recrudescence des cambriolages, etc.

RI : Sur quels thèmes allez-vous insister pour vous différencier des autres candidats à la Mairie du 14ème ?

La finalité du mouvement « Parisiennes, Parisiens, » était justement de transcender les clivages politiques. Sur les questions de sécurité, je ne pense pas qu’il y ait une lecture de gauche et une lecture de droite. Il y a d’autres thématiques que nous avons inclus dans notre programme : propreté, accès aux crèches, maintien des classes moyennes à Paris. Ces thématiques restent des thématiques d’actualité même s’il y a des choix différents à la tête du mouvement. Je continue pour ma part à penser que ce n’est pas normal que les classes moyennes quittent Paris. Je continue également à penser que la façon dont nous avons géré la question de la mixité sociale, celle de la voirie et de la mobilité, n’est pas satisfaisante. Et je trouve dommage de prétendre aujourd’hui qu’on va faire à l’avenir ce qu’on n’a pas été capable de faire en six ans. Je trouve surprenant que l’on se réveille à quelques semaines des élections municipales en disant que l’on va créer une société d’économie mixte de 10 milliards d’euros pour venir en aide aux classes moyennes alors que la ville est déjà endettée, qu’on ne l’a pas fait pendant six ans, et qu’on est quand même Maire adjoint  de Paris depuis 2001. Je trouve qu’il y a une incohérence dans le propos. Pour passer à un autre sujet, si tout le monde trouve effectivement le plan vélo formidable, il ne doit se faire ni au détriment des piétons, ni au détriment des axes de circulation. Car créer nous-mêmes des bouchons en décourageant les automobilistes de prendre leur voiture, c’est créer nous-mêmes les conditions d’une pollution de surface. Je ne pense pas non plus qu’une personne âgée ou qu’une personne handicapée, à partir du moment où nous ne mettons pas les transports en commun en accessibilité pleine et entière, va prendre un vélo pour se déplacer. Il y a donc énormément de propositions incohérentes et contradictoires dans le projet d’Anne Hidalgo qui sont de plus souvent assénées de façon péremptoire. Je reproche au final à cette municipalité de ne pas prendre suffisamment en compte la vie des citoyens ordinaires.

RI : Que représente pour vous le 14ème arrondissement de Paris ? Comment pourriez-vous caractériser son identité propre ?

Cédric Grunenwald : Le 14ème arrondissement, c’est avant tout bien sûr une formidable vitalité artistique qui lui a donné sa réputation internationale. Cela a été le cas pendant les années 20 dans tout le quartier Montparnasse que l’on connait avec notamment la rue Campagne Première, la rue Boisonnade, etc., mais c’est toujours vrai un siècle après ! Le 14ème, c’est aussi une identité politique particulière puisqu’en faisant abstraction de Pascal Cherki et de Carine Petit, il y a eu deux maires qui ont été élus et réélus entre 1977 et 2009 auxquels les électeurs ont été fidèles. Je reste également pour ma part dans la fidélité à l’un de ses grands maires qu’a été Pierre Castagnou qui a marqué l’arrondissement de son empreinte et dont on me parle encore aujourd’hui sur les marchés. Il y a aussi bien sûr un aspect village à cet arrondissement qui le rend particulièrement chaleureux. On a du mal à raconter le 14ème arrondissement et, sans vouloir le tremper dans le formol, je trouve personnellement dommage qu’on ne parle pas assez de ses artistes et de l’aspect faubourien de certaines de ses rues. Il faut résolument remettre les citoyens au cœur du projet du 14ème pour les prochaines années. C’est cette ambition que je porte et que je n’ai retrouvée chez aucun de mes concurrents à cette élection.

RI : Avec qui pouvez-vous envisager de vous allier au deuxième tour ?

Cédric Grunenwald : Pour l’instant, il n’y a aucune décision prise. Concentrons-nous sur le premier tour et nous verrons bien ce qu’il va se passer. Je ne suis bien sûr pas propriétaires des voix des habitants du 14ème qui se porteront sur mon nom. Le vote est une démarche citoyenne qui appartient à chacun, pas le fruit d’arrangements entre politiciens ou partis politiques. Et je ne veux personnellement surtout pas apparaître comme mû par des ambitions personnelles et politiciennes. Ce n’est pas l’objet du mouvement « Parisiennes, Parisiens, » et ce n’est pas le sens que je donne à ma démarche citoyenne. Si j’avais voulu conserver un poste, je serais bien sûr resté au Parti Socialiste où j’ai exercé des responsabilités locales et nationales. Et si j’avais voulu intégré LREM, j’y serais allé dès 2017. Je suis aujourd’hui un citoyen résolument indépendant des partis politiques.

 

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