Jacky et Tételle, le bistrot populaire avec un grand P

C’est à l’angle de la rue Didot et de la rue Maurice Ripoche que se situe la véritable tour de contrôle du Quartier Pernety. Chez « Jacky et Tételle », on n’ignore rien de ce qui se passe dans le Quartier pour la simple et bonne raison que l’on se soucie de tout le monde. Et c’est toute la « famille » de Pernety qui se donne régulièrement rendez-vous dans l’atmosphère conviviale du bistrot pour partager un verre, un repas, un succès voire même une colère ou un chagrin. Pas question de se la péter dans ce bar-restaurant populaire avec un grand P ! Jacky, Tételle et Farid veillent au grain pour préserver l’ambiance authentique et chaleureuse qui fait tout le charme du lieu.

Cuisine jusqu’à épuisement des stocks ou du chef !

Tous les jours de la semaine dès sept heures trente du matin, Farid, dit « Faridovic » ou « le makhlouf », ouvre les portes du bistrot et s’occupe de la mise en place. Ce fin connaisseur du Quartier Pernety a bien conscience qu’il n’aurait pas pu trouver de meilleure place que chez « Jacky et Tételle » pour exprimer tout son potentiel. Il n’y a pas un client dont il ne connaisse les petits secrets et les petites habitudes et il sait mieux que quiconque à qui glisser une assiette d’olives ou de cacahuètes. Plus encore, c’est la vie du Quartier qui l’intéresse car, même s’il n’y réside plus, Pernety est depuis des années son territoire d’élection. Toujours à l’affût d’une anecdote, il est en passe de devenir l’une des mémoires vivantes du barrio. L’histoire de façon générale le passionne et il stupéfie souvent les clients du bistrot par sa culture et sa connaissance aiguisée des pays d’Europe et du Moyen-Orient. Il excelle à animer le bar en interpelant les clients de passage et sait récompenser les habitués du lieu pour leur fidélité. Pendant ce temps-là, Jacky, le boss, s’active à la cuisine. Il n’y a pas de limite à son investissement puisqu’il assure le service « jusqu’à épuisement des stocks ou du chef ». Qui n’a pas goûté son agneau farci, son risotto noix de Saint-Jacques-gambas, sa blanquette de veau à l’ancienne ou sa sole meunière, a raté sa vie ! Pour accompagner ses plats, Jacky ne se contente pas de proposer du vin, il fait le show auprès de la clientèle qui apprécie le numéro d’acteur autant que la cuisine et qui en redemande toujours. La chaleur humaine, le côté familial, c’est sa valeur ajoutée par rapport aux brasseries parisiennes traditionnelles. Bien sûr il assure le tout-venant en proposant tous les jours T-bones, côtes de bœuf, pièces du boucher, hamburgers et tartares maison, accompagnés de frites et de salade elles aussi faites maison. Mais Jacky n’a pas oublié ses origines marocaines et régale également régulièrement ses convives de son couscous royal, de ses tajines et de ses méchouis. Pour faire honneur à Tételle qui est bretonne, il n’hésite pas non plus à faire des crêpes et des galettes – sans oublier les moules-frites du dimanche quand la marée est haute… On l’aura compris, Jacky cuisine régional, national et international. C’est en fait toute la gamme des spécialités culinaires qu’il explore du fond de sa cuisine et il n’est jamais à court d’idées pour satisfaire sa clientèle toujours curieuse de goûter aux petites « merveilles » dont il veut leur faire profiter.

Top of the potes

Jacky ne se contente pas de faire l’unanimité auprès de ses clients avec sa cuisine. Si on vient chez « Jacky et Tételle », c’est parce qu’on s’y sent bien, dans un décor refait à neuf mais sans chichis, avec à sa disposition une terrasse qui peut accueillir jusqu’à trente personnes. Les habitués du lieu y viennent pour discuter, échanger des tuyaux pour les courses du jour ou assister aux matchs de football ou de rugby retransmis sur deux écrans de télévision dont un géant donne sur la terrasse. Tout le monde est bien sûr bienvenu  chez « Jacky et Tételle » mais les propriétaires du bar-restaurant se flattent d’attirer une clientèle plutôt populaire qui cadre bien avec le caractère simple et authentique du lieu. Plusieurs générations s’y côtoient dans une ambiance virile mais bon-enfant. De toute façon, Jacky est là pour gentiment recadrer celles et ceux qui déraperaient sous l’effet de l’alcool ou d’une discussion un peu trop passionnée. Au « parlement du peuple », c’est lui qui est au perchoir. La vie du bar est rythmée par les courses de chevaux dans la journée et les matchs de football dans la soirée. Jacky ne fait pas mystère de ses préférences : « Ici, c’est Paris ! », affiche-t-il d’entrée. Et en effet on peut rire de tout chez « Jacky et Tételle » sauf des déboires du club de foot parisien. Les lendemains de défaite sont toujours difficiles et peuvent même être le motif d’une fermeture anticipée de l’établissement certains soirs. Le reste du temps Jacky tient ferme la barre de l’établissement en s’accordant malgré tout quelques pauses pendant la journée pour aller jouer aux courses au PMU du coin. Il est secondé le soir et le week-end par Tételle qui se transforme chaque samedi soir en DJ en montant le son pour passer ses chansons préférées. C’est l’occasion pour les nostalgiques des années 80 de chanter et de danser sur les musiques de leur jeunesse avec leurs amis. Top of the potes en plus du top of the pop(ote) ! Que demande le peuple ?