Xavier Braud ou le droit au service de l’idéal

J’ai rencontré Xavier Braud au début des années 90 à un carrefour de ma vie alors que j’étais inscrit en licence de droit public à la Faculté de droit et de science politique de Rennes. C’est en licence que les étudiants de droit décident de leur trajectoire professionnelle en choisissant de se spécialiser en droit privé ou en droit public. C’est aussi à cet âge que se dessinent les véritables  personnalités des individus et celle de Xavier était déjà bien formée, qui exprimait toute la force de l’idéal qui l’habitait. La mienne était bien trop faible pour que je ne sois pas gagné par le cynisme de l’époque et c’est pourquoi j’ai décidé de redoubler mon année de licence en droit des affaires. Trente ans plus tard, à l’heure où chacun tire un premier bilan de sa vie, force est de constater que ce n’est pas l’arriviste qui a eu raison de l’idéaliste. Hommage très sincère du vice à la vertu.

Une enfance rennaise et un éveil très précoce à l’écologie 

Xavier Braud est né à Rennes en 1966 et il y passera toute sa jeunesse jusqu’à ses vingt ans. Il se plait tellement dans sa ville natale dont il apprécie la vigueur de la vie associative qu’il n’imagine pas devoir la quitter un jour. Encore tout jeune, il rencontre près de chez lui au marché de quartier du jeudi « Les Amis de la Terre » et fait la connaissance d’Yves Cochet à qui il achète ses premiers autocollants de militant écologiste dont il décore sa chambre. Un peu plus tard, c’est avec « La Maison de la Consommation et de l’Environnement » (MCE) qu’il prend attache. Il se souvient que dès l’âge de huit ans, dans le cadre de l’élection présidentielle de 1974 à laquelle s’intéressent de très près ses parents, il est personnellement frappé par le discours de René Dumont, premier candidat à se présenter sous l’étiquette écologiste : « René Dumont a vraiment été pour moi une révélation et un choc. Il annonçait déjà des temps difficiles. Je l’ai trouvé très convaincant et son discours m’a longtemps porté ». La première action écologiste militante de Xavier remonte au collège quand il organise une vente de papier recyclé auprès de ses petits camarades. Il se souvient également avoir fait le mur du domicile familial pour assister aux réunions publiques organisées par les opposants à la construction du site nucléaire de Plogoff. Il participe avec ferveur à toutes les manifestations anti-nucléaires qui se tiennent à Rennes et convainc même ses parents de participer avec lui à une immense manifestation sur site. Cela ne l’empêche pas de poursuivre de brillantes études au collège et surtout au lycée Chateaubriand de Rennes où il obtient son baccalauréat D avec la mention très bien. Il aurait pu, s’il l’avait voulu, emprunter la « voie royale » de la filière C qui alimente habituellement les classes prépa des meilleurs éléments d’une génération. Mais Xavier n’est pas fait du même bois que celui des arrivistes ordinaires et s’il se destine vaguement à l’époque à la profession d’avocat, c’est bien plus pour « défendre la veuve et l’orphelin » que pour faire carrière dans les affaires. C’est profondément un idéaliste que l’injustice insupporte et qui fond en larmes en regardant à la télé un film consacré à « Sacco et Vanzetti ».

Un étudiant très investi dans l’associatif

Très centré sur ses études pendant ses années lycée, Xavier va retrouver du temps libre à la faculté pour s’investir dans l’associatif. Il choisit de s’inscrire en droit sans avoir trop d’idées précises sur son devenir professionnel : sans doute un peu parce qu’il s’intéresse à la politique au sens large, sans doute un peu également parce qu’il est déjà en terrain connu dans la mesure où son père, Philippe Braud, est un éminent professeur de science politique. Pour son entourage familial immédiat, ce choix est en tout cas plus traditionnel et « classique » que celui de son frère aîné qui a décidé de continuer ses études scientifiques en faisant médecine. Xavier garde de plutôt bons souvenirs de ses années passées à faculté de droit de Rennes. Je me rappellerai personnellement toute ma vie du jour où il a osé interpeller le Professeur Georgel en plein amphi parce que ce dernier n’en finissait plus de digresser pendant ses cours censément consacrés à l’histoire des idées politiques. Son intervention fut copieusement huée par les étudiants présents qui étaient quant à eux trop contents de laisser le professeur cabotiner en pensant que c’était autant de moins à réviser à la fin de l’année. Tel est Xavier : consciencieux, sérieux, studieux et pas cynique pour un sou. Trente ans plus tard, il s’étonne d’ailleurs toujours de la réaction des étudiants qu’il n’avait au demeurant pas du tout anticipée… Plutôt que rêvasser et traîner dans les cafés comme l’auteur de ces lignes, Xavier potasse ses cours de droit et devient un membre très influent de l’ACEDER, l’association culturelle des étudiants de droit de Rennes qui organise chaque semaine la projection de films de cinéma. Sous son impulsion, l’association promeut un cinéma à la fois moins classique et plus engagé : un festival de films africains est ainsi créé et des soirées débats sont organisées avec le CRIDEV de Rennes qui œuvre pour le développement harmonieux des pays du Tiers-monde. Sa fibre écologiste continue par ailleurs de s’exprimer hors des murs de la faculté puisqu’il met en place à la « Maison de la Consommation et de l’Environnement »  des permanences juridiques en droit de l’environnement destinées au grand public et aux associations qui souhaitent en bénéficier. Cette dernière expérience est pour lui très importante car elle fait pour la première fois le lien entre ses connaissances juridiques et la défense de l’environnement à laquelle il est bien sûr très sensible. Il a aussi l’occasion de rencontrer de nombreux militants Verts au Centre d’Information sur l’Energie et l’Environnement (CIELE) qui est l’association abritée par la MCE avec laquelle il collabore le plus souvent. C’est à eux qu’il se joindra pour participer à un petit groupe de travail chargé du secrétariat des élus d’opposition écologistes (dont fait partie Yves Cochet) lors de leur entrée au conseil municipal de Rennes en 1989. C’est également avec eux qu’il fera front quelques années plus tard contre le projet de métro porté par le maire socialiste Edmond Hervé en proposant la solution alternative du tramway.

Spécialisation en droit de l’environnement et premiers pas à Manche Nature

Pendant son année de licence, Xavier est toujours tiraillé entre son goût pour les activités culturelles et ses préoccupations écologistes. Il a l’occasion de choisir l’enseignement optionnel du droit de l’environnement pour la première fois en maitrise de droit public et c’est dans cette matière qu’il va finalement décider de se spécialiser en troisième cycle. Son dossier universitaire bardé de mentions lui ouvre sans difficulté les portes du DESS dédié de Strasbourg. C’est pour lui l’occasion de compléter sa formation et aussi de découvrir de nouveaux horizons tout en se confrontant à un sympathique groupe de jeunes juristes avec lesquels il partage de bons moments. Pour valider son année, il effectue un stage d’application à Caen en Basse Normandie au Groupement Régionale des Associations de Protection de l’Environnement (GRAPE) avec le personnel duquel il ne se sent pas complétement en phase. Mais c’est l’occasion pour lui d’être mis en contact avec l’association Manche Nature dont les adhérents plus radicaux et plus entreprenants le séduisent beaucoup. Il s’attache à ce point à eux qu’il frappe à la porte de l’association à l’issue d’une première courte expérience salariée au GRAPE. Malheureusement, la dynamique petite structure n’a pas les moyens financiers de rémunérer un juriste. Qu’à cela ne tienne, Xavier travaillera pour elle en échange du gîte et du couvert en espérant que les actions judiciaires qu’il entreprendra suffiront à terme à financer son emploi. C’est le début d’une très belle aventure à laquelle il participe avec tout l’enthousiasme et l’énergie de la jeunesse. Pour se former au métier de juriste associatif, il s’appuie à la fois sur les conseil d’un avocat rencontré au GRAPE et sur ceux d’autres associations écologistes qui l’aident à établir des modèles de recours. Le service juridique de Manche Nature que Xavier a mis en place ne tarde pas à rencontrer ses premiers succès devant les tribunaux administratifs et judiciaires mais cela ne suffit malgré tout pas pour permettre à son juriste de gagner un SMIC. Un plan de secours est d’autant plus nécessaire que Xavier a rencontré Bénédicte qui va devenir sa femme.

La bouée de sauvetage de l’université

Raphaël Romi, professeur de droit à Nantes, lui conseille alors de se lancer dans la rédaction d’une thèse. Par ce biais, Xavier peut envisager de devenir avocat en évitant l’examen d’entrée au CRFPA. Ce serait le moyen pour lui de se sentir sur un pied d’égalité avec les avocats qu’il affronte au tribunal et qui souvent le traitent avec condescendance. C’est aussi le moyen de renouer avec le milieu universitaire qu’il a perdu de vue. Il choisit un sujet de thèse en lien avec son activité : « Le rôle des associations dans l’évolution du droit de l’environnement ». Parallèlement, il candidate à un poste de chargé de travaux dirigés à faculté de droit de Vannes-Lorient et se lie pour deux ans avec l’Université de Bretagne Sud. Il parvient à finaliser sa thèse entre les aller-retours Caen-Vannes et la naissance de sa fille Amélie. Pas de chance, c’est à Lyon qu’il est recruté à la rentrée 1999 pour son premier poste de maitre de conférences qui suit sa soutenance de thèse. Toute la famille doit déménager à l’autre bout de la France en laissant attaches locales et travail derrière soi. Même s’il est le fils du doyen de Paris I Sorbonne, Xavier est très intimidé par son nouvel environnement de travail : il se sent tout autant écrasé par le prestige des locaux XVIIIème du 15 quai Claude Bernard que par le sérieux des sommités du droit qui y officient. Il va y enseigner pendant sept ans non seulement le droit de l’environnement mais aussi les libertés fondamentales et le droit constitutionnel. L’attente de la mutation qui le fera revenir dans l’ouest ne l’empêche pas de continuer à vivre à fond son engagement associatif écologiste aussi bien à distance (puisque le contentieux administratif se fait par écrit) que lors de déplacements en Normandie (pour les audiences judiciaires et les réunions du bureau de l’association) « A l’époque j’étais jeune et plein d’énergie. Je me couchais tard et je me levais très tôt. C’est quelque chose que je ne pourrais plus faire aujourd’hui, se rappelle-t-il un brin nostalgique.

Les combats victorieux de Manche Nature et de la FNAUT

Le travail associatif de Xavier lui procure d’énormes satisfactions puisque Manche Nature gagne quantité de procès. Sa tâche est d’autant plus exaltante qu’il a tout à faire au pôle juridique de Manche Nature. Les autres adhérents de l’association qui ne connaissent pas le sujet lui font entièrement confiance et il se retrouve la plupart du temps en première ligne sur les dossiers qu’il défend. A la plus grande satisfaction de tous, de nombreux milieux naturels sont ainsi sauvés et, cerise sur le gâteau, l’argent rentre dans les caisses de l’association. A partir de l’année 2000, Xavier s’investit parallèlement et de façon complémentaire auprès de la Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports (FNAUT) dans le but d’engager des recours contre les déclassements de voies ferrées désaffectées. Il y a en la matière une véritable stratégie juridique à mener qui embarrasse à l’époque beaucoup la SNCF avec laquelle il est amené à négocier pour la contraindre à modifier ses pratiques en vue de la  préservation de certaines voies susceptibles de réouverture. En 2006, Xavier obtient enfin sa mutation à Rouen qui va considérablement le rapprocher de Manche Nature. Il continue à s’investir à fond dans cette association tout en accomplissant de façon presque secondaire son travail à la faculté, jusqu’à ce qu’il soit conduit à porter sa candidature à la direction du département Droit. Son élection à ce poste à responsabilités l’amène à réduire la voilure sur le terrain associatif et à plus s’engager au plan universitaire. Grâce à l’argent des nombreux procès gagnés, Manche Nature va pouvoir recruter en 2008 une jeune juriste pour le remplacer. Xavier voit ainsi réalisé son rêve par procuration. Se considérant lui-même un peu usé par l’activité associative, il souhaite prendre du recul pour se consacrer à son métier universitaire et ne plus intervenir que comme le « vieux sage » vers lequel on se tourne lorsqu’on a besoin de prendre conseil.

Quelques mots sur le sacerdoce du militantisme écologiste

Les idéalistes et les avant-gardistes ont généralement la vie dure et très rares sont ceux qui, armés de leurs beaux principes, font fortune en consacrant leur vie à la défense de l’environnement. Xavier Braud ne fait pas exception à la règle, qui a aujourd’hui renoncé à devenir professeur d’université après avoir tenté à deux reprises le concours d’agrégation et essayé sans plus de succès d’emprunter « la voie longue » réservée aux maitres de conférence qui justifient d’une ancienneté suffisante. Sans doute paie-t-il le prix d’avoir choisi de faire une thèse militante plutôt qu’un travail purement académique et de préférer l’enseignement des règles concrètes du droit plutôt que disserter sans fin sur le sexe des anges. Aujourd’hui retiré de la vie associative qu’il a contribué à structurer en publiant au début des années 2000 « Protection de l’environnement : guide juridique à l’usage des associations », il n’en est pas moins toujours très actif au niveau universitaire puisque son « Cours de droit administratif général » destiné aux étudiants de licence de droit ainsi qu’aux étudiants du CRFPA et aux candidats à l’ENM a été publié aux Editions Gualino en septembre 2017. C’est bien la preuve, s’il en était besoin, qu’il sait également quand cela est nécessaire respecter les formes les plus classiques des travaux universitaires.  Adopter un regard critique sur le droit positif, les décisions du Conseil d’Etat et les fondements de notre société productiviste doit-il nécessairement être sanctionné par la non-reconnaissance des mérites personnels ? Je souhaite dans tous les cas à mon ami Xavier une fin de carrière heureuse comme Maître de conférence HDR à l’université de Rouen Normandie en gardant bien en tête qu’ « On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années, on devient vieux parce qu’on a déserté son idéal. Les années rident la peau, renoncer à son idéal ride l’âme » (Douglas MacArthur).

Yann Boutouiller.

« Le Moulin à Café », poumon associatif du 14ème arrondissement de Paris

Douze ans déjà ! C’est en effet en janvier 2006 que « Le Moulin à Café » a ouvert ses portes pour la première fois. Les équipes qui se sont succédées aux commandes du café associatif du 14ème arrondissement de Paris ont su garder intactes les valeurs fondatrices des pionniers du lieu : reconnaissance et acceptation de la diversité sociale, respect mutuel et sentiment d’appartenance au même quartier. Comme on aimerait qu’il en soit de même partout en France ! « Respect International » connaît bien « Le Moulin à Café » car Yann, l’un de ses membres, y a été bénévole par le passé. Une petite visite à la nouvelle équipe s’imposait, à qui revient la lourde tâche de prendre le relais de leurs très dynamiques prédécesseurs.

Contribuer au « mieux vivre ensemble »

Comme le proclame son site internet, « Le Moulin à café » est un lieu pour apprendre à se connaître, discuter et contribuer au « mieux vivre ensemble ». Il rassemble depuis son lancement des personnes venants d’horizons différents mais portées par les mêmes valeurs humanistes de tolérance et de respect de la diversité sociale. L’initiative trouve son origine dans le projet d’aménagement de la ZAC Didot qui été conçu en 1987 et qui a commencé à voir le jour en 1997. Le projet initial qui prévoyait des constructions très denses et sans équipement public ne répondait pas aux attentes des habitants du Quartier Pernety. Accompagnés par l’association « Urbanisme et Démocratie », ces derniers parviennent à le faire modifier pour qu’il intègre une nouvelle dimension sociale et écologique. Du projet modifié a germé aux début des années 2000 l’idée d’un café associatif qui serait un lieu de partage et de convivialité ouvert à tous. C’est la naissance du « Moulin à Café » qui ouvrira officiellement ses portes en janvier 2006.  L’association est gérée par un conseil d’administration qui réunit des habitants du Quartier Pernety élus à l’occasion d’une assemblée générale annuelle. Les deux pôles d’activités, le pôle restauration et le pôle animation, sont coordonnés par une équipe de cinq salariés. Le pôle restauration est considéré comme un facteur essentiel de lien social.  Au « Moulin à Café », les repas du midi et du soir sont en effet des moments de partage et d’échange qui permettent à tous d’accéder à prix modique à une alimentation saine, équilibrée, bio et faite-maison. Le second pôle, l’animation, a pour objectif de créer de la cohésion sociale au travers d’activités permettant l’amélioration du bien-être de tous, un meilleur accès à la culture pour tous et le développement du tissu associatif. Toutes les voix peuvent se faire entendre au « Moulin à Café » où le principe de la liberté d’expression est jalousement défendu. Les activités sont proposées en fonction des demandes des usagers et de leurs réactions aux propositions de l’association. Les responsables du lieu peuvent également être saisis de projets innovants et originaux qu’ils se chargeront de mettre en place avec les intervenants extérieurs qui les portent. Plus d’une quinzaine d’activités régulières sont ainsi actuellement proposées : Taï Chi, gym douce, danse et expression corporelle mais aussi des soirées jeux, contes, théâtre et scène ouverte musicale et des ateliers scrabble, couture, tarots, échecs, arts plastiques, etc. Deux fois par semaine, les usagers du « Moulin » peuvent venir faire provision de légumes frais et issus de l’agriculture locale et/ou biologique. Et tous les premiers vendredis du mois, après l’atelier d’initiation à l’écriture poétique, King Bobo de l’association « Universlam » invite celles et ceux qui le veulent à monter sur scène pour déclamer leurs textes et donner vie à la poésie.

L’équipe 2018 du « Moulin à Café »

Nouveaux projets et nouveaux défis

Les années passent qui voient se succéder de nouvelles équipes au « Moulin à Café ». Le renouvellement du conseil d’administration de juin 2017 a fait rentrer trois nouveaux bénévoles en son sein et la « dream team » pilotée par Eddy et Anna a fait place à un nouvel aéropage de cinq salariés avec Thomas comme responsable et Loïc comme chef-cuisinier. Bien sûr quelques piliers de l’équipe de bénévoles actifs du « Moulin » sont toujours présents,  notamment Françoise et Patrick fidèles au poste derrière le comptoir de l’espace cuisine. Mais l’aventure est bel et bien repartie sur de nouvelles bases et avec de nouvelles personnalités porteuses de nouveaux objectifs et de nouveaux projets pour les deux années au moins à venir. Il va à la fois s’agir pour la nouvelle équipe de structurer l’association, d’en rajeunir la fréquentation et de dynamiser et diversifier les animations proposées. Structurer d’abord car du stade artisanal l’on passe en effet maintenant partout en France au niveau professionnel pour les associations qui génèrent un chiffre d’affaires significatif. Un effort important de documentation du fonctionnement de l’association est nécessaire pour solidifier les bases associatives existantes et faciliter la transmission de l’information entre membres. Il s’agit par exemple de formaliser la procédure de recrutement des bénévoles certes aujourd’hui grandement facilitée par la plateforme jemengage.paris.fr mise en place par la Ville de Paris et grâce à laquelle Thomas, le responsable-coordinateur, peut bénéficier à l’heure actuelle de l’aide d’une dizaine de volontaires dont la plupart sont des jeunes. Le rajeunissement de l’image un peu vieillissante du « Moulin à Café » est la seconde priorité de la nouvelle équipe. Cela passe par la programmation de nouvelles activités et animations qui ont le vent en poupe chez les moins de 35 ans comme par exemple les cours de swing. La nouvelle décoration a également été conçue pour rafraichir l’image du « Moulin » qui accueille encore en majorité des personnes âgées.  Rajeunir et rendre plus attractif le café associatif passent aussi par plus de proactivité dans la prise de contact avec les artistes susceptibles de venir l’animer. Grâce aux efforts de tous, de nouveaux chanteurs dont certains viennent du métro se sont produits sur scène en after-work au « Moulin à Café ». Parallèlement, les activités culturelles ont été diversifiées grâce à la mise en place de cycles de conférences sur l’histoire de l’art certains jeudis du mois. La nouvelle dynamique impulsée devrait aboutir à au moins fidéliser les 1300 adhérents que compte actuellement le café associatif et également grâce au bouche à oreille à y faire venir de nouveaux curieux. C’est en tout cas le défi que s’est lancé la nouvelle équipe qui met tout en œuvre pour s’adapter aux nouvelles demandes exprimées par les adhérents par exemple en matière de cuisine puisque plus d’une personne sur dix mange aujourd’hui végétarien au « Moulin à Café ». Pour la plus grande satisfaction des habitués du lieu, les produits utilisés pour confectionner l’assiette végétarienne sur laquelle l’équipe a travaillé sont presque tous issus de l’agriculture locale et biologique. Le prix des différents plats proposés a toutefois dû être augmenté pour tenir compte de la montée en gamme au niveau produits et également d’un nouveau besoin de financement lié aux incertitudes concernant l’aide à l’emploi dont bénéficie actuellement l’association. Sur les cinq salariés du « Moulin », quatre ont en effet été recrutés dans le cadre d’emplois aidés dont la reconduction est aujourd’hui très incertaine dans la mesure où le gouvernement a décidé au niveau national de la suppression de la moitié de leur nombre. Toute la difficulté consiste donc dorénavant à maintenir au moins le même niveau de service et si possible l’améliorer en disposant de moins de ressources financières en provenance de l’Etat et des partenaires habituels de l’association que sont la Mairie de Paris et la CAF. « La roue de la fortune tourne plus vite que celle du moulin » aimait à rappeler Miguel de Cervantès. Souhaitons au « Moulin à Café » de continuer à vivre et à prospérer malgré les vicissitudes pour le plus grand bonheur des habitants et des associations du 14ème arrondissement de Paris !

Cliquez ici pour accéder au site du « Moulin à Café ».

Missak Manouchian : « La vie n’est pas dans le temps, mais dans l’usage »

Chaque année, à quelques mètres du siège social de « Respect International », au 11 de la rue de Plaisance très précisément, un hommage est rendu à la mémoire de Missak Manouchian, le poète arménien et immigré résistant mort fusillé le 21 février 1944 à l’âge de trente-sept ans au Mont-Valérien. C’est en effet au 11 rue de Plaisance que Missak et Mélinée Manouchian ont élu leur dernier domicile en 1941. Ils y vécurent jusqu’à leur arrestation par les soldats de la Wehrmacht le 16 novembre 1943. « Respect International » s’associe à tous ceux qui ont assisté à cette cérémonie d’hommage pour affirmer leur attachement aux valeurs universelles de liberté, d’égalité et de fraternité portées et défendues au péril de leur vie par Missak Manouchian et sa femme.

Cliquez ici pour accéder à la page Wikipédia de Missak Manouchian.

Carnaval de Paris, bien au-delà de la bande à Basile (Pachkoff)

Basile Pachkoff, organisateur du Carnaval de Paris.

La 21ème édition du Carnaval de Paris qui s’est déroulée dimanche 11 février 2018 avait cette année pour thème « Les contes de Perrault et d’ailleurs ». Le cortège coloré de la « Promenade du Bœuf Gras » s’est ébranlé vers 14 heures sous le soleil de la Place Gambetta en direction de République. Les quelques gouttes de pluie qui sont tombées par la suite n’ont pas suffi à décourager les nombreux fêtards, musiciens et danseurs venus de tous les pays pour défiler en costume au rythme des tambours et sous le regard d’un public chaleureux et bon enfant disséminé tout le long du parcours. Pour saluer la réussite de ce succès populaire, « Respect International » a rencontré  Basile Pachkoff, l’organisateur de la manifestation, au « Moulin à Café », le café associatif du 14ème arrondissement de Paris.

Faire revivre une tradition ancestrale : des goguettes aux sociétés bigophoniques

Basile Pachkoff est tout autant un historien amateur qu’un organisateur de carnaval et l’on peut retrouver sur Wikipédia l’ensemble des articles qu’il a rédigés sur le Carnaval et la fête. Basile nous apprend ainsi que le Carnaval de Paris fut une manifestation immense pendant cinq siècles. Historiquement, les fêtards se sont organisés en goguettes, c’est-à-dire en groupes chantants indépendants comptant chacun moins de 19 membres, ceci pour satisfaire à la règle des 19 qui prévaut par exemple encore aujourd’hui au Carnaval de Dunkerque. Pourquoi cette règle ? Parce qu’à moins de 19, on est petit mais costaud. On n’a pas de problèmes d’orientation parce qu’on sait ce que l’on fait et où l’on va. La gestion du groupe ne nécessite ni lourde logistique, ni argent, ni local particulier. On évite aussi les luttes de pouvoirs et tous les parasitages de personnes intéressées. Chaque goguette réunissait donc à l’origine moins de 19 membres, hommes, femmes, enfants, qui se rassemblaient ponctuellement tout le long de l’année pour passer de bons moments ensemble. Quand arrivait le Carnaval, les goguettes s’agrégeaient les unes aux autres pour en assurer le succès en rejoignant les bals et la rue. La règle des 19 tomba cependant peu à peu en désuétude et les goguettes qui ont prospéré pendant deux siècles à Paris finirent par disparaître victimes de leur succès, leurs participants voulant faire plus « grand ». Du temps des goguettes, la foule en carnaval envahissait les grands boulevards de Paris au point que la circulation des voitures était interrompue les mardis gras et jeudis de la Mi-Carême. A partir de 1884, les goguettes se sont dotées de bigophones. Cet instrument de musique inventé par Romain Bigot en 1881 est une sorte de kazoo muni d’un pavillon amplificateur en papier mâché ou  en zinc de formes et couleurs variées. Des milliers de goguettes organisées en sociétés bigophoniques sont apparues en France et dans le monde pour animer fêtes et carnavals, notamment à Paris la Promenade du Bœuf Gras qui a lieu le mardi gras et le cortège des Reines des blanchisseuses de la Mi-Carême qui a lieu le jeudi de la Mi-Carême. Le recul des goguettes a entrainé le déclin progressif du Carnaval de Paris dont les grands bals masqués et cortèges costumés ont progressivement disparu jusqu’à la renaissance de 1993 initiée par Basile Pachkoff.

Basile en tenue de carnaval et accompagné

Une fête libre, bénévole, autogérée, gratuite et apolitique

En 1993, il y a maintenant donc vingt cinq ans, Basile Pachkoff prend en effet l’initiative de relancer le Canarval de Paris. Cinq ans plus tard, en 1998, il fera repartir la fête dans la rue en obtenant enfin l’autorisation de défiler grâce à Alain Riou, un élu socialiste puis écologiste du 20ème arrondissement de Paris. L’atmosphère générale de l’époque n’était guère favorable aux défilés dans la ville de Paris qu’on souhaitait « aseptiser » et très peu d’autorisations étaient accordées. Mais pour Basile, le Carnaval et la fête ne sont de toutes façons ni de gauche ni de droite. C’est bien plus une question de personnes décidées ou non à porter un projet. Il aura fallu toute l’implication et la détermination d’Alain Riou rencontré en 1996 pour « débloquer » la situation et faire vivre le Carnaval au grand air avec le concours des autorités municipales. Au principe de cette manifestation on trouve la Liberté et la Liberté n’a pas de couleur politique. Le carnaval est en effet ouvert à tout le monde, il n’y a aucune sélection et il n’y a même pas besoin de s’inscrire pour venir y participer. Il est ainsi autogéré par l’ensemble des associations participantes. « Chacun se débrouille et s’organise pour venir, nous indique Basile. Il faut juste en avoir l’envie. Les gens ne sont plus habitués à cela. Parfois ils me téléphonent pour me demander s’ils peuvent participer au Carnaval. Ma réponse est invariablement : « Mais bien sûr, venez donc ! Tout le monde est bienvenu sur tout ou partie du parcours, c’est une fête vivante ! » ». Tous les participants sont évidemment bénévoles et c’est bien sûr le principe de gratuité qui prévaut. Basile ne veut pas non plus s’embarrasser à mettre en place une quelconque logistique pour assurer la restauration des fêtards. Il souhaite inscrire sa manifestation dans l’esprit gentiment anarchiste des goguettes d’antan. Bien sûr, les forces de l’ordre doivent intervenir pour canaliser la circulation automobile et veiller de loin à ce que la fête se passe de façon paisible et sans accrocs. Mais depuis 500 ans que le Carnaval de Paris existe, aucune violence ou aucun désordre n’a été à déplorer lors de cette manifestation. « Le Carnaval de Paris a toujours été un carnaval très sage », nous assure Basile. Et c’est pourquoi la police de Paris y a toujours été favorable. Même les policiers qui en assurent la sécurité ont le sourire et cela fait bien sûr partie de la réussite de la fête. »  Cette année, les quelque 5000 participants qui se sont joints au cortège qui a défilé entre la Place Gambetta et la Place de la République ont dû affronté le mauvais temps en fin d’après-midi. Pierre-Yves, le Président de « Respect International » (RI), a été très impressionné par la qualité du spectacle offert. L’esprit général de la manifestation rejoint tout à fait les valeurs de tolérance et d’ouverture aux autres défendues par le RI. « La base du Carnaval, c’est l’amour du prochain », nous confirme Basile. « On est des êtres humains avant d’être des Chinois, des Boliviens, des Equatoriens, des Antillais, etc. Et quand on fait la fête ensemble, il est beaucoup plus difficile de trouver l’autre méchant. L’idée est vraiment que l’on se trouve tous ensemble et que l’on soit heureux ensemble ».

Cliquez ici pour accéder au site du Carnaval de Paris.

« La confiance est au coeur de mon métier » (Sébastien Guillet, fondateur de « Services 14 »)

Sébastien Guillet, fondateur de « Services 14 »

Le secteur des services à la personne connaît à l’heure actuelle un essor considérable. Sébastien Guillet, le fondateur de « Services 14 », a su en anticiper les fantastiques potentialités il y a dix déjà ans en créant sa propre structure dans le 14ème arrondissement de Paris.

Un cadre légal et fiscal incitatif

C’est en 2005 avec le « plan Borloo » qu’est donné en France le véritable coup d’envoi du développement du secteur des services à la personne. Sébastien Guillet connaît justement à l’époque une période de chômage car la société de services informatiques pour laquelle il travaille a été vendue à un concurrent de plus grosse taille. S’investir dans les services à la personne est l’occasion pour lui d’élargir son champs de compétences et d’action. Il décide donc de prendre le train en marche et de créer son propre emploi. Cet enfant de Plaisance mise sur sa connaissance du quartier et sait qu’il pourra bénéficier d’un bouche à oreille avantageux si son offre de services correspond à l’attente de la population. Il entreprend sa propre étude de marché pour s’en assurer. Son projet lui semble répondre aux exigences de la règle du marketing mix dite des « 4 P » (Produit/Promotion/Prix/Place) : 1°) Le Produit bénéficie du cadre légal nécessaire et répond à une vraie demande du public en raison notamment du vieillissement de la population ; 2°) Il en assurera lui-même la Promotion en activant son réseau local ; 3°) Il s’alignera sur les meilleurs Prix de marché en proposant des forfaits de 10, 20 et 50 heures pour les services les plus couramment utilisés ; 4°) Le 14ème arrondissement avec ses 130 000 habitants constitue un marché suffisamment vaste pour la structure à taille humaine qu’il veut créer. Mais c’est bien sûr surtout l’avantage fiscal attaché à la consommation de services à la personne qui rend son produit particulièrement attractif : un crédit d’impôt sur le revenu égal à 50 % des dépenses engagées est en effet accordé aux ménages dans la limite de 15 000 € par an. Sébastien développe ainsi progressivement sur le 14ème arrondissement de Paris une clientèle principalement constituée de contribuables actifs. Les services qu’il propose rentrent dans le cadre de ceux visés à l’article D7231-1 du Code du travail et vont des petits travaux de jardinage et de bricolage à la garde d’enfants, au soutien scolaire et au cours à domicile en passant par le repassage, les courses et l’assistance informatique et administrative. Sébastien  a choisi de fonctionner en mode prestataire (le plus répandu) qui fait de lui le véritable employeur des personnes qui interviennent auprès de ses clients. Il est à ce titre responsable d’une petite vingtaine de personnes qu’il emploie à temps plein ou partiel. Son rôle consiste à centraliser les demandes de ses clients, à assurer le suivi des prestations fournies et à en contrôler la qualité.

Un secteur toujours porteur de promesses d’avenir

Car la relation client est sa priorité absolue  : « La confiance est au cœur de mon métier, insiste-t-il. C’est un secteur d’activité où on laisse rentrer les gens chez soi que ce soit pour du ménage, du bricolage, de la garde d’enfant ou de l’assistance informatique. Mes clients ne sont pas prêts à laisser débarquer n’importe qui chez eux simplement en cliquant sur un bouton. » D’où la priorité accordée au bouche à oreille sur les campagnes internet pour assurer la promotion de ses services. Confiance, proximité, réactivité et prestations sur-mesure sont les principaux avantages comparatifs qui démarquent les 25.000 petites structures existantes en France des grandes  enseignes (O2, Shiva) par nature beaucoup plus anonymes et beaucoup moins flexibles. Sébastien se félicite ainsi de pouvoir créer du lien social autant que de rendre service. C’est sans doute la meilleure façon de consolider sa clientèle et de la développer. Mais pas la seule. La prochaine étape pour lui va en effet consister à développer une offre de services à destination des enfants de moins de trois ans et des personnes handicapées ou âgées dépendantes. Pour cela, il lui faudra obtenir un nouvel agrément car l’agrément simple délivré par la Préfecture de Police de Paris ne l’autorise pour l’instant pas à accéder à ces segments de clientèle. Il pourrait également bénéficier d’une réforme actuellement à l’étude qui consisterait à permettre aux ménages de ne plus débourser que la moitié de la valeur des prestations consommées en leur faisant bénéficier par anticipation du crédit d’impôt auquel ils ont droit. Mais dans tous les cas Sébastien ne se fait guère de souci pour l’avenir : accompagnant le vieillissement de la population, le secteur des services à la personne a vocation à connaître une croissance continue dont il escompte bien tirer les meilleurs fruits.

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Election de Miss Guinée France 2018, la vitrine glamour de la très sérieuse AJGF

Mlle Adiah Bayo, toute nouvelle Miss Guinée France 2018, et ses deux dauphines.

L’Association des Jeunes Guinéens de France (AJGF) organisait samedi 21 octobre 2017 à l’Espace Reuilly dans le 12ème arrondissement de Paris la 10ème édition de l’élection de Miss Guinée France, un concours de beauté majeur de la diaspora afro-antillaise en France. « Respect International » se devait bien sûr d’assister à cet évènement qui a attiré de nombreux spectateurs et a été l’occasion de faire découvrir les différentes activités de l’association organisatrice.

Des miss porteuses de projets pour leur pays

Aucune place à l’amateurisme dans cette soirée exceptionnelle. On est saisi dès l’entrée de l’Espace Reuilly par le sérieux et le grand professionnalisme des bénévoles qui en assure l’organisation. De la billetterie à l’animation sur la scène en passant par l’accueil des visiteurs, le vestiaire ou la sécurité, rien n’est laissé au hasard, tout a été minutieusement pensé et préparé pour permettre à la soirée de se dérouler dans les meilleurs conditions. Le public est venu nombreux pour supporter dans une ambiance bon enfant les douze ravissantes jeunes femmes qui ont été présélectionnées à l’occasion d’un casting national organisé quelques mois plus tôt. L’une d’entre elle sera élue Miss Guinée France 2018 par un jury composé de partenaires de la manifestation et d’hommes et de femmes de médias et/ou de culture. Pour décrocher ce titre, les candidates ne doivent toutefois pas se contenter d’être belles et de défiler gracieusement en tenue traditionnelle et de soirée : elles doivent aussi porter et défendre un projet humanitaire pour la Guinée que l’association organisatrice financera en cas d’élection. « J’ai été bluffé par la beauté, le charme et l’intelligence des candidates, se souvient Pierre-Yves qui a assisté au spectacle et qui a particulièrement apprécié les chorégraphies représentatives des quatre régions naturelles de la Guinée exécutées par les jeunes femmes. Certaines d’entre elles ont tout à fait brillamment et avec éloquence exposé le projet qu’elle défendait. C’est une remarquable performance vu leur très jeune âge. » Il n’est pas le seul à s’enthousiasmer. Chaque candidate a son club de supporters et de supportrices qui ponctuent par des cris stridents les prestations de leur favorite. Pour le bonheur de tous, la soirée voit se succéder sur scène dans une ambiance survoltée Kandia Kora, les rappeurs d’Instinct Killers, Minoss et les membres du bureau de l’AJGF. L’excitation du public est à son comble lorsque MHD, le prince de l’Afro-Trap, vient se produire sur la scène à la surprise générale. C’est finalement vers 23 heures que le jury livre enfin son verdict : il a décidé cette année de consacrer Mlle Adiah Bayo Miss Guinée France 2018 avec comme première dauphine Mlle Djenabiou Gwen Degla et comme seconde dauphine Mlle Djenaba Diallo.

Lutter contre la discrimination des albinos

En portant son choix sur Mlle Adiah Bayo, le jury n’a pas seulement couronner une très jolie lyonnaise de 20 ans amatrice de mode et de défilés et désireuse de porter haut les couleurs de la Guinée en devenant son ambassadrice de charme en France. Il a également promu le projet humanitaire original qui lui tient à cœur : lutter contre la discrimination des personnes albinos. L’albinisme est une maladie héréditaire rare se caractérisant par une dépigmentation totale ou partielle de la peau, des cheveux et des poils accompagnée de troubles oculaires. Dans un certain nombre de pays d’Afrique, les personnes atteintes d’albinisme sont ostracisés et même régulièrement victimes d’homicides car certaines croyances et superstitions locales attribuent à leurs organes des pouvoirs magiques. Leur sort tragique a bouleversé la nouvelle Miss Guinée France 2018 : « Lorsque je suis allée en Guinée, j’ai constaté que certains albinos étaient reniés dans leur propre famille. Ils sont parfois sacrifiés en rituel ou se retrouvent à mendier dans les rues », témoigne-t-elle. Un vaste programme de sensibilisation s’impose donc. L’AJGF va lui permettre de le mettre en place et de le développer. Cela constituera le cœur de sa mission en 2018. Mais pas question pour elle de s’arrêter à cela : « Pour l’association, je serai également là pour transmettre mon expérience et sensibiliser les filles aux avantages de s’inscrire à l’élection Miss Guinée France ainsi que pour participer aux différents projets qui tireront la Guinée vers le haut », assure-t-elle très motivée.

L’AJGF présente sur le front du développement économique de la Guinée

Car l’AJGF n’est pas seulement l’association organisatrice d’un unique évènement dans l’année. C’est une organisation dynamique qui met en place de nombreuses manifestations dont la plus intéressante est peut-être le « salon de l’emploi et de l’entreprenariat guinéen », un forum permettant aux entreprise guinéennes de venir rencontrer à Paris ceux qui ont choisi d’étudier et de travailler en France dans le but de leur proposer de retourner au pays dans le cadre d’un emploi ou de la création d’une entreprise. Le retour de la diaspora guinéenne, très implantée en France, est en effet un enjeu majeur pour la Guinée. Il s’agit d’inciter ceux qui ont acquis des diplômes et des qualifications à l’étranger à revenir dans leur pays d’origine pour y créer richesses et emplois. L’AJGF s’est donné pour but d’activer ce potentiel de développement économique encore dormant aujourd’hui. Car certes les guinéens expatriés n’oublient pas leur pays d’origine et ils sont aujourd’hui très nombreux à manifester leur solidarité avec leur famille restée au pays en organisant des transferts de sommes d’argent. Mais c’est un véritable transfert de compétences que l’association voudrait promouvoir pour participer au développement de la Guinée et plus largement au décollage économique actuel du continent africain.

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