Romuald Provost, le luthier en guitare qui décoiffe

Franck et Romuald Provost n’ont que le nom et le département de naissance en commun. Tous les deux sont d’origine sarthoise, mais si l’un a opté pour la coiffure, l’autre a choisi les guitares. Au bar de « L’Ozmoz Café » à l’heure du déjeuner, on reconnait facilement Romuald à sa barbiche et à ses cheveux ramenés en chignon au dessus de la tête. Il est luthier en guitare depuis maintenant presque vingt ans dans le quatorzième arrondissement de Paris. Rencontre à son atelier de la rue du Texel.

Le déclic devant un beau livre de lutherie à la FNAC du Mans

Romuald Provost est né en 1976 dans la ville du Mans où il passe toute sa jeunesse. Après une première tentative en école d’architecture, il poursuit sans conviction des études d’histoire moderne et de géologie tout en cultivant un goût pour les activités manuelles en sculptant sur bois et en bricolant les guitares de ses copains. Il passe régulièrement dans le Vieux Mans devant l’atelier de Frank Ravatin, luthier du quatuor (*), et il est déjà fasciné par l’atmosphère qui s’en dégage. Mais ce qui véritablement suscite sa vocation, c’est le beau livre d’art intitulé Luthiers et guitares d’en France sur lequel il tombe en arrêt à la FNAC du Mans : « Comme je n’avais pas de ronds je ne l’ai pas pris, mais je suis resté scotché dessus l’après-midi entière à la FNAC. Je suis rentré chez moi pour demander un peu d’argent à ma mère qui m’a permis de l’acheter. Et là, tous les jours, tous les soirs, je regardais les guitares. Je me suis dit que je ne pouvais pas passer à côté de ça ». Romuald n’a plus que ça en tête et veut absolument tenter sa chance dans la lutherie. Il finit son année à la fac tout en se mettant à la recherche d’une école ou d’une possibilité d’apprentissage. Coup de chance, l’ITEMM, l’Institut Technologique Européen des Métiers de la Musique, une des rares écoles de lutherie de France, est justement basée au Mans. Il se lance dans une formation en alternance de trois ans dans le cadre de laquelle il travaille chez un ébéniste d’art et il décroche à la sortie un CAP de facteur de guitares. Il continue en parallèle à jouer de cet instrument. Comme musicien il s’imaginait plutôt batteur (de jazz) mais il va dès ses quatorze ans sagement se replier sur la guitare pour épargner les tympans de ses parents. « De toute façon, ce n’est pas le même rapport à l’instrument et même si je pratique un peu je ne suis pas moi-même un excellent guitariste. Certains luthiers en guitare n’en jouent d’ailleurs pas du tout ». A l’issue de sa formation, Romuald cherche pendant un an en vain du travail dans les ateliers de lutherie en France et en Belgique, puis monte à Paris pour suivre sa compagne. Sans réseau aucun, il décide à l’âge de vingt trois ans de se mettre à son compte : « Je ne voulais pas avoir fait tout ça pour rien. Aujourd’hui, cela fait presque vingt ans je suis installé comme luthier à Paris ».

Une clientèle constituée grâce au bouche à oreille

« C’est un bon, lui. Et il a une clientèle terrible ! ». Elle court, elle court la rumeur dans le Quartier Pernety. Romuald a parcouru bien du chemin depuis son interview en 2006 pour laguitare.com (cliquez ici pour lire l’interview). Il s’est créé son réseau absolument seul alors qu’il est arrivé à Paris il y a dix-neuf ans sans aucune relation et sans aucun ami ou aucune famille pour l’appuyer. Le bouche-à-oreille a fonctionné à plein pour asseoir sa réputation de grande maîtrise et de professionnalisme. Il a également un peu fréquenté les salons, mais sans plus. « J’ai été longtemps sans avoir de site, nous confesse-t-il. Tout se fait en réalité petit à petit. On te ramène un jour une guitare et ça marche à la confiance. Si le boulot est bien fait, ça parle et de fil en aiguille on se fait une clientèle. Il y a le coup de chance aussi : un instrument précieux qu’un collectionneur te met entre les mains. Et puis, on n’est pas non plus extrêmement nombreux en restauration sur Paris. Or les techniques un peu anciennes que j’ai apprises se prêtent bien à la restauration. » Romuald, dont le savoir faire est aujourd’hui reconnu au plan national où il compte plus de quatre cent concurrents, ne nous cache que le niveau dans notre pays est extrêmement élevé. Certains collectionneurs traversent l’Europe pour lui confier une guitare : « Après ça marche aussi par l’activité, nuance-t-il. Nous sommes une dizaine de luthiers en guitare sur Paris, ce qui n’est pas non plus délirant. Et puis le feeling est également très important. Je sais que certaines personnes que je rencontre sur des salons ou lors de concerts ne viendront pas chez moi parce que le courant ne passe pas. » La restauration de guitares lui prend aujourd’hui bien plus de temps que la fabrication à laquelle il a également été formé. Le rapport à la matière est pourtant ce qui fondamentalement l’intéresse. Il peut lui arriver pour fabriquer une guitare de s’inspirer des modèles qu’il a restaurés dont il reprend les épaisseurs et copie la structure. Mais il propose en général un modèle unique quoique toujours renouvelé dont l’esthétique s’inscrit dans celle de l’école française de la première moitié du vingtième siècle. Son site internet précise qu’il fabrique cinq à six guitares par an de façon entièrement artisanale, que les bois utilisés sont rigoureusement sélectionnés par ses soins (épicéa ou cèdre rouge) et que sa facture reste traditionnelle, tout bois, avec un montage dit « à l’espagnol » et un vernis au tampon. « Rien n’est plus beau qu’une guitare, sauf peut-être deux », disait Chopin. Romuald qui est entouré d’instruments dans son atelier de la rue du Texel est sans nul doute un homme comblé.

(*) C’est-à-dire un luthier spécialiste des violons, altos, violoncelles et contrebasses.

Cliquez ici sur accéder au site internet de Romuald Provost

 

François Van Zon, conseiller de quartier : « C’est l’émotion des gens qu’il faut entendre »

La communication, François Van Zon en connait un rayon puisqu’il lui est régulièrement arrivé de prendre la parole devant plusieurs milliers de personnes au fil de sa carrière de consultant. Il fait aujourd’hui partie du comité d’animation du Conseil de Quartier Pernety et prend sa tâche très à coeur et très au sérieux. Lancer ou animer le débat lors des réunions plénières publiques, faire progresser l’expression des demandes des habitants lors des comités d’animation ou des réunions de commission, c’est un travail qui demande constance et détermination mais aussi et peut-être surtout doigté, psychologie et humanité. Nous avons fait le tour de la question autour d’un café au bar-restaurant « Le Laurier ».

Le conseil de quartier, instrument privilégié de la démocratie locale

C’est la loi du 27 février 2002, dite loi Vaillant, relative à la démocratie de proximité qui a institué cette structure en imposant aux communes de plus de 80.000 habitants de créer un ou plusieurs conseils de quartier pour développer la participation citoyenne. L’objectif visé est d’associer les habitants des grandes villes à la gestion municipale. Le Conseil de Quartier Pernety correspond naturellement au quartier du même nom qui est un des six quartiers du quatorzième arrondissement de Paris en gros défini par le triangle formé par les trois axes que sont la rue Vercingétorix, la rue d’Alésia et l’avenue du Maine. Le conseil de quartier n’ayant pas d’existence juridique propre, le Conseil de Quartier Pernety dépend en réalité directement de la Mairie du 14ème dont Didier Antonelli est en charge de la démocratie locale. Cet organe consultatif et non-décisionnel a vocation à être le lieu de débat de toute question intéressant les habitants du quartier qui peuvent émettre des vœux en direction de la municipalité qui se chargera (ou non) de leur réalisation à l’occasion de votes en conseil d’arrondissement et en Conseil de Paris. En pratique, trois catégories de réunions ont lieu qui correspondent aux différentes formations du conseil de quartier : les réunions plénières publiques qui sont organisées quatre fois par an, les comités d’animation  qui réunissent neuf fois par an les conseillers en poste, et les réunions de commission qui ont lieu une à deux fois par mois (*). Depuis l’année dernière à Paris 14ème, 60 conseillers sont tirés au sort dans chaque quartier après qu’ils se sont portés volontaires sur le site internet de la Mairie. Il n’a pas de bureau dans les conseils de quartier qui sont des structures totalement horizontales mais néanmoins dotées d’un comité d’animation composé de volontaires à nouveau tirés au sort et sans aucun lien hiérarchique entre eux. De nombreuses commissions ont été créées (Animation, Handicap, Vivre Ensemble, JO 2024, etc.) qui correspondent aux principales thématiques abordées en conseil de quartier. Le travail en commission permet principalement de faire progresser l’expression des demandes exprimées par les habitants lors des réunions plénières. Mais les commissions peuvent également mener des actions ponctuelles de sensibilisation de la population (la commission Propreté organise par exemple des campagnes de ramassage des déchets). Quel bilan tirer du Conseil de Quartier Pernety après plusieurs années de fonctionnement ? Principalement les propositions faites pour l’aménagement de la place Moro-Giafferi et du square Wyszynski. Cette année, trois vœux ont été émis en direction de la municipalité qui les a tous votés en conseil d’arrondissement et en Conseil de Paris : le principe de la pose d’un panneau mémoriel qui rend hommage au combat des habitants du 14ème arrondissement contre la construction de la voie radiale Vercingétorix et en faveur de la promotion d’une Coulé Verte ; la mise à l’étude d’une piétonisation de la place de Catalogne (voire de la destruction de la fontaine de la place) ; et enfin, la récupération auprès de la RATP du panneau d’affichage de la station Pernety.

Réunion plénière du Conseil de Quartier Pernety à l'école polyvalente du 69-71 rue de l'Ouest
Réunion plénière du Conseil de Quartier Pernety à l’école polyvalente du 69-71 rue de l’Ouest

Le conseil de quartier, entre agora et réunion de copropriétaires

Le comité d’animation dont fait partie François se charge bien sûr des comptes rendus et autres relevés de conclusions des différentes réunions tenues par le Conseil de Quartier Pernety, qu’il se réunisse en formation plénière, en comité d’animation ou en commission. Ce travail de documentation qui peut paraitre ingrat et rebuter certains est pourtant primordial pour assurer un suivi pérenne des travaux du conseil de quartier. Les comptes rendus de réunion sont bien évidemment très attentivement lus par les élus locaux dont la Maire d’arrondissement et également les conseillers municipaux d’opposition qui trouvent là matière à nourrir leur réflexion. Mais ce qui motive profondément François c’est l’organisation des débats : « Le conseil de quartier, c’est une agora, on revient à la démocratie grecque. C’est une agora en ce sens que tout le monde peut prendre la parole, mais que seuls ceux qui savent s’exprimer sont écoutés. » Qu’est-ce alors qu’un bon orateur ? « Dans ce genre d’assemblée où chacun tire la couverture à soi et qui ressemble à bien des égards à une assemblée de copropriétaires, le bon orateur est celui qui parvient à s’élever au dessus des égoïsmes des uns et des autres et à créer une cause commune », nous répond François. Et de citer l’exemple du panneau mémoriel. Mieux vaut pour atteindre cet objectif se mettre dans les meilleures dispositions d’esprit. Lors de la dernière réunion plénière, François, qui n’animait pas le débat, l’a néanmoins lancé en osant inviter les participants à respecter une minute de méditation (!) pour qu’elles se reconcentrent sur elles-mêmes. Puis il les a invités à échanger deux ou trois minutes avec leurs voisins pour qu’ils s’orientent d’une manière positive et posée et non pas centrée sur leurs rancoeurs et leurs revendications personnelles. Epoustouflant d’efficacité ! Va-t-il faire breveter ce mode opératoire pour lancer les débats en conseil de quartier ? François a en tout cas bien conscience et veut faire prendre conscience aux participants aux réunions qu’un minimum de bienveillance et de respect mutuel est nécessaire à la bonne tenue des débats. D’autant qu’on peut avoir raison sur le fond et tort sur la forme, chacun ayant son style d’expression et sa subjectivité propre. « Les gens qui sont sur l’émotion et sur le ressenti, on ne peut pas leur demander d’être brillants et synthétiques, nous fait remarquer François. Parce que ce qu’ils apportent, c’est justement cette émotion et c’est cette émotion qu’il faut entendre. Certaines personnes qui sont très timides sont toutes vibrantes et tremblantes lorsqu’elles interviennent. Du coup elles ne s’expriment pas toujours bien. Le rôle de toutes les réunions de conseil de quartier est de réaliser une progression dans l’expression, l’objectif final étant d’aboutir au consensus ». La plupart des décisions sont d’ailleurs votées à l’unanimité et non pas à la majorité. « On se débrouille pour que tout le monde soit d’accord sur les décisions prises, ce qui a presque toujours été le cas », nous déclare fièrement François. Le travail des animateurs va justement consister à trouver la formulation qui emportera l’adhésion générale en mettant à profit le temps long du débat initié en réunion plénière et relancé en commission sur plusieurs mois s’il le faut. Le conseil de quartier est une pratique encore jeune et sans doute susceptible d’améliorations. Cela fait tout juste un an que les nouveaux conseils se sont mis en place dans le quatorzième arrondissement de Paris avec 360 nouveaux conseillers tirés au sort et une nouvelle charte de fonctionnement. Un premier bilan de cette formule sera tiré le samedi 19 octobre dans la salle des fêtes de la Mairie Annexe du 14ème. « Respect International » souhaite une très bonne continuation à François Van Zon comme animateur d’avant-garde de cette structure promise à un brillant avenir. Il est, on l’a vu, à la pointe de l’innovation en proposant de recourir aux techniques de la sophrologie et de la psychothérapie de groupe pour mieux faire humainement et respectueusement avancer les débats.

Réunion "debrief" du 19 octobre 2019
Réunion « debrief » du 19 octobre 2019

(*) Toutes les réunions programmées sur l’agenda sont ouvertes à tous quand bien même elles ne sont pas explicitement « publiques ».

Cliquer ici pour accéder au blog du Conseil de Quartier Pernety.

Philippe Jolly, le génial facteur et restaurateur de pianos de la rue Boulard

Philippe Jolly ne laisse personne indifférent comme en témoignent les nombreux articles de presse et les vidéos consultables sur son site internet (www.pianoforte-jolly.fr).  Il nous a reçu plus d’une heure dans ses ateliers du 25 rue Boulard dans le 14ème arrondissement de Paris et nous avons eu grand peine à le quitter tant sa conversation est passionnante et sa personnalité attachante. On pourrait rester la journée à l’écouter parler de tout, y compris de Dieu. Et le piano dans tout ça ?

Un autodidacte en (presque) tout 

Rien ne prédestinait cet ancien étudiant et professeur de philosophie à devenir facteur et restaurateur de piano si ce n’est un goût certain pour la déconstruction… et donc la (re-)construction. S’il baigne dans le monde de la culture et des arts depuis sa petite enfance grâce à ses parents qui formaient un couple extraordinaire, il est également rapidement attiré par la mécanique automobile et cultive un vrai don pour le bricolage. Philippe Jolly est un intellectuel et un artiste mais également un manuel qui aime comprendre comment ça marche. Rentrer dans le ventre des pianos et en devenir le plus méticuleux des chirurgiens va constituer un défi à sa mesure qui puise également dans sa passion pour la musique. Il n’avait pas touché à un piano avant l’âge de vingt ans. Aujourd’hui, il les restaure, les règle et les accorde dans son grand « atelier-boutique-foutoir » de la rue Boulard où sont également organisés des cours et des concerts. Il en construit aussi et c’est sans doute cela sa plus grande originalité. Il a d’ailleurs bien plus de plaisir à créer et à ramener à la vie les pianos qu’à s’éterniser à les accorder pour le compte de musiciens en mal de perfection musicale inatteignable. Car Philippe ne fait jamais semblant. Il a depuis longtemps identifié les faux postulats et les finasseries commerciales de nombreux de ses confrères marchands de pianos : « Dans les livres concernant les pianos il y a beaucoup de choses fausses et également idéologiques, ce qui est encore plus grave. C’est là que la philo m’a été utile car elle m’a obligé à penser ce que je faisais. Or en pensant, je me suis aperçu que presque tout ce qu’on disait sur les vieux pianos était faux, erroné ou tout simplement intéressé, que ça participait d’une démarche commerciale. C’est ce qui m’amené à m’intéresser aux vieux pianos ». Aux piano-forte tout particulièrement. Les piano-forte sont les ancêtres du piano, des instruments intermédiaires entre le clavicorde et le piano du XIXème siècle. En 2004, Philippe s’est attelé à la création de son premier piano-forte qui est proche dans sa forme et ses dimensions de l’Erard de Beethoven et de Haydn. L’instrument dont la caisse est en merisier massif mesure à peu près 2,20 mètres de longueur sur 1,10 mètre de largeur. « Un piano de l’époque de Mozart, c’était introuvable et donc la seule solution c’était de le fabriquer. Un de mes copains qui a fait des études là-dessus m’a suggéré de le faire. Sur le moment, je me suis dit qu’il était fou et que j’en serais bien incapable. Et puis je me suis piqué au jeu et je l’ai fait. » Philippe a construit son piano-forte sans respecter de plan particulier, juste l’esprit qui a présidé à la création de l’instrument. Ce qui l’intéressait c’était de s’approcher de l’univers sonore de Mozart. « J’aimerais ne faire que ça, mais le marché est ultra-réduit malheureusement. […] Construire des pianos, ça correspond à un rêve d’enfant : quand j’étais petit je fabriquais des jouets, maintenant je fabrique de grands jouets ». En témoigne le piano-girafe sur lequel il travaille actuellement et qu’il me fait découvrir bien sagement rangé dans un coin de ses ateliers.

Parler au cosmos les mains dans le cambouis

L’histoire personnelle et familiale de Philippe est la clef de nombreux aspects de sa personnalité. Son père, qui tenait une librairie en face de l’église Saint-Pierre-de-Chaillot dans le seizième arrondissement de Paris, était un vrai personnage de roman qui le fascinait complètement et dont il va hériter de l’anti-conformisme et du goût des paradoxes. Sa mère, « ultra-cultivée et qui connaissait tout de la musique et de la littérature » était tout aussi extraordinaire. C’est elle qui va lui transmettre une certaine dimension mystique et spirituelle à l’origine de sa grande sensibilité à la transcendance. Philippe a été profondément marqué par la rupture de ses parents ainsi que par la trajectoire de son frère musicien et également par la maladie qu’il va devoir affronter à l’adolescence. C’est ce cocktail d’ingrédients allié à un rapport intime à la matière qui expliquent l’extraordinaire richesse de son parcours et de ses talents. Philippe ne se contente pas de créer et réparer des pianos, il collectionne également des voitures anciennes dont il sait changer les boites de vitesse et refaire la carrosserie, de même qu’il retape de A à Z des maisons entières en Aveyron : « Je ne peux pas m’en empêcher et m’en passer, c’est comme une drogue, mais une bonne drogue. Je lis Simone Weil le soir, après avoir charrié des pierres dans la journée et réglé en début de soirée une Austin-Healy 1955 que je viens d’acheter et dont je commande les pièces en Angleterre ». Et si, après avoir succombé aux charmes du marxisme dans sa jeunesse, la véritable vocation de Philippe était celle de théologien ? Il se sent aujourd’hui happé par la transcendance dont la musique peut être une des formes de l’expression. « Mais également la matière, poursuit-il. Car la matière, c’est le cosmos et le cosmos c’est l’œuvre du Créateur quel que soit le nom qu’on Lui donne ». Voilà Philippe parti dans une nouvelle digression sur la religion avant qu’il ne nous parle de Bernanos, de Léon Bloy, de ses compositeurs préférés et de bien d’autres choses encore. Nous le quittons au bout d’une heure un peu sonnés… Car Philippe doit maintenant recevoir un de ses anciens professeurs, ethno-musicologue à la retraite, qui a fait le déplacement du Sud de La France pour peut-être lui acheter un piano.

Concert de "Ô Duo" du dimanche 6 octobre 2019 aux Ateliers Jolly
Concert de « Ô Duo » du dimanche 6 octobre 2019 aux Ateliers Jolly

« Il faut sauver les bistrots! », le cri d’amour de Pierrick Bourgault, « bistrologue »

On a déjà la tête qui tourne à la vue de son c.v. et de la liste des ouvrages dont il est l’auteur. Le « bistrologue » Pierrick Bourgault qui nous accueille chez lui rue Pernety est écrivain, journaliste, photographe, enseignant, organisateur de concerts, compagnon d’une très talentueuse musicienne… et papa du petit Jules qui a tout juste deux mois et qui tient à nous le faire savoir à pleins poumons dans notre magnétophone numérique de poche. Son prochain livre, le « petit dernier » qui devra attendre le 8 novembre 2019 pour pousser son premier cri, s’appellera Bistroscope, l’histoire de France racontée de cafés en bistrots et sera publié aux Editions Chronique/La Martinière. Présentation de l’auteur et de son livre en avant-première pour « Respect International ».

Une passion pour les bistrots

Difficile de trouver par quel bout commencer l’interview car Pierrick Bourgault est un touche-à-tout qui se mêle aussi bien de vins et de bistrots que d’histoire, d’agriculture, de nourritures, de photo, de vidéo, d’informatique et de mécanique céleste. Il a également écrit un recueil de nouvelles érotiques intitulé D’amour et de vins nouveaux publié en 2007 aux Editions L’iroli. Pierrick a réuni sur le sofa du salon en une pile impressionnante tous les ouvrages dont il est l’auteur : pas moins d’une cinquantaine au total dont presque la moitié est consacrée aux bars, buvettes, estaminets et brasseries, notamment son Paris 200 bars-concerts, guide des bons plans réédité tous les deux ans chez Bonneton. D’où lui vient cette passion jamais démentie pour les bistrots ? Sans aucun doute de sa petite enfance mayennaise à Saint-Fraimbault-de-Prières, le village de sept cent habitants où il est né et où son grand père tenait un café. Un jour, sans crier gare et alors qu’il n’a que trois ans, il absorbe le philtre d’amour en sifflant des fonds de verre. Et il tombe bien sûr instantanément amoureux des troquets sans qu’il existe de remède connu… Cela ne va pourtant pas l’empêcher, bien au contraire, de décrocher un diplôme d’ingénieur agronome à Beauvais en 1985 et deux ans plus tard un DEA d’anthropologie visuelle à Nanterre-Sorbonne tout en assouvissant sa passion pour les voyages qui va le mener sur les cinq continents et qui sera à l’origine de son premier ouvrage sur les bars intitulé Bars du monde, un magnifique portfolio photographique publié en 2005 aux Editions de l’Epure, un éditeur local situé rue de la Sablière à deux pas de chez lui.  On ne saura pas trop pourquoi Pierrick a choisi la profession de journaliste-photographe plutôt que celle d’ingénieur agronome. On sent chez lui comme une certaine réserve qui entretient le mystère sur sa personne pourtant si riche et diverse. C’est sans doute ce goût du secret qui le pousse à se retrancher derrière la masse impressionnante de ses livres plutôt que se dévoiler entièrement, et à nous fournir en guise de photographie personnelle celle, certes magnifique, où il se cache derrière un verre de vin. « J’ai davantage l’habitude d’écouter que de parler de moi », aime-t-il à dire. Pierrick se définit volontiers comme un « artisan en écriture et photographie » : « J’aime écouter, observer et décrire en réalisant des livres, des reportages et des expositions. Pour les photos (*), je travaille avec la lumière du lieu et de l’instant afin de montrer l’univers d’une personne ou d’une société. A l’écrit, j’adopte la même approche inspirée de l’ethnologie : tenter de comprendre et témoigner ». Pour savoir ce qui, profondément, a motivé sa démarche, il faudra repasser… On ne peut pourtant qu’être fasciné par l’extraordinaire diversité de ses multiples centres d’intérêt et activités qui se reflète à nouveau dans son prochain livre à paraitre, à la croisée de ceux qu’il a déjà consacrés aux bistrots et à l’histoire.

L’histoire de France racontée de cafés en bistrots

Le Bourgault nouveau est donc annoncé cette année pour le 8 novembre prochain, soit deux semaines avant le Beaujolais nouveau. La cuvée 2019 est en tous points exceptionnelle, qui marie parfaitement l’histoire, les arts, la religion, la politique et bien d’autres choses encore. Comme son nom ne l’indique pas, le Bistroscope est en fait une histoire de France d’un genre particulier : « Loin des palais royaux ou présidentiels, elle se déroule, plus intime, dans les auberges, bistrots, brasseries et cafés, ces bouillons de culture qui révèlent leur monde, leur époque, qui apportent boissons et idées nouvelles », nous dit l’éditeur. Et en effet, c’est une formidable balade « des cavernes aux tavernes », de l’Antiquité à nos jours, au cours de laquelle on croise nos ancêtres les Gallo-romains, Jésus-Christ, les moines du Moyen-Age, François Villon, Rabelais, Voltaire, Louis XVI, les révolutionnaires français, les artistes impressionnistes, les aubergistes auvergnats, Jaurès, les résistants de la Seconde Guerre Mondiale et bien d’autres encore. Cette entreprise complètement originale, magnifiquement illustrée et richement documentée ravira tous les amateurs de beaux livres. Pas moins de quatre années d’efforts auront été nécessaires pour collecter toutes les informations nécessaires à la production de ce très grand cru du domaine (de prédilection) de Pierrick ! Car son cœur de compétence reste les bistrots dont il vante sans relâche l’utilité sociale et dont il s’inquiète de la disparition progressive : « Il faut sauver, les bistrots !, s’enflamme-t-il soudain. Ce sont des endroits magnifiques et d’authentiques lieux d’expression et de création qui sont fragiles et donc menacés. Surtout les bars les plus insolites qui donnent des concerts et des spectacles et qui sont très précieux, mais dont le nombre malheureusement diminue ». Pierrick met la main à la pâte, qui s’est vu confier l’organisation des « Lundis Chansons », les concerts de chansons à texte du nouveau « Jazz Café Montparnasse » (anciennement « Petit Journal Montparnasse »). Il fait également partie du Comité Scientifique de l’Association pour l’Inscription au Patrimoine Universel de l’Unesco des Bistrots et Terrasses de Paris pour leur Art de Vivre. Il est donc à la fois présent sur le terrain et à la pointe du combat en publiant ses livres. Bistroscope n’est peut-être pas celui qui va clore la série. Allez Pierrick, un petit dernier pour la route ?

« Jam Session » à « L’Imprévu », rue Didot

Cliquez ici pour accéder à monbar.net, le site internet très complet de Pierrick Bourgault.

(*) Du 7 au 17 novembre à la mairie annexe du XIVème, Pierrick Bourgault et Pierre Josse, le rédacteur en chef du Guide du Routard, exposent leurs Bistrots du monde dans le cadre du mois de la photographie (prolongation de l’exposition au Jazz Café Montparnasse du 18 novembre au 16 décembre).

Vous pouvez trouver un autre portrait de Pierrick Bourgault dans « Visages du XIVe » de Béatrice Giudicelli.

La sérénité en deux temps trois mouvements avec Anne-Marie Moretti, sophrologue

Anne-Marie en séance de dédicace (crédit photo Olivier Héron)

Cela fait très exactement six ans qu’Anne-Marie Moretti s’est lancée dans l’exaltante aventure de l’entreprenariat. Délaissant le métier de professeure d’histoire-géographie qu’elle a exercé pendant vingt ans au collège Françoise Dolto de L’Aigle en Basse-Normandie, elle a repris des études universitaires en psychologie et psychologie du travail pour fonder en septembre 2013 à L’Aigle le « Cabinet Moretti, Conseil et Prévention » qui propose toute une palette de prestations dont le recours à la sophrologie, un outil bien utile pour aborder et traverser plus sereinement les épreuves de la vie. Présentation.

Une pratique et un enseignement ancrés dans les expériences de la vie

La première rencontre d’Anne-Marie avec la sophrologie date d’il y a trente ans quand elle met au monde son premier enfant à la maternité de Lannion : « Il y avait une sage-femme qui faisait des préparations à l’accouchement qui étaient fabuleuses. Elle nous faisait faire de la relaxation. Après quelques séances, je suis rendue compte que j’étais devenue une bonne dormeuse, ce que je n’avais jamais été. Ce n’était pas du tout l’objectif, mais grâce à cela je suis devenue une super bonne dormeuse. C’est à cette occasion que j’ai découvert tout le potentiel de la sophrologie ». Bien des années plus tard, Anne-Marie connait une nouvelle expérience décisive alors qu’elle doit se faire hospitaliser pour une intervention médicale assez lourde et anxiogène : « En fait, je me suis mise moi-même de manière tout à fait automatique et imprévue en état sophroliminal [entre la veille et le sommeil]. Et je me suis rendue compte que je suis allée au bloc opératoire super joyeuse malgré l’importance de l’enjeu. Après coup, je me suis dit que ce que j’avais vécu là c’était quand même assez fabuleux car cela m’avait permis de traverser une épreuve considérable. Je ne suis pas partie avec anxiété et j’ai vécu les choses cool. Je pense que du coup je n’ai embêté personne parce qu’on peut être aussi générateur d’anxiété pour le personnel médical. » Ce second déclic nourrit la réflexion d’Anne-Marie qui décide alors de faire connaitre et de transmettre aux autres l’outil de la sophrologie dont elle a pu expérimenter sur elle-même les effets bénéfiques. Elle obtient pour ce faire le diplôme de l’Institut de Formation à la Sophrologie de Paris qui va lui permettre d’élargir la palette des prestations qu’elle offre à ses clients dans le cadre de son cabinet. Elle se sent d’autant plus légitime à utiliser cette nouvelle corde à son arc qu’elle est intimement convaincue qu’on ne peut efficacement transmettre un savoir que si on l’a expérimenté sur soi pour en connaitre la valeur réelle.

Une technique psychocorporelle pour harmoniser le corps et l’esprit dont les applications sont multiples

Mais en quoi consiste donc la sophrologie ? C’est en réalité une vieille discipline qui a été fondée en 1960 par le neuropsychiatre colombien Alfonso Caydedo dont le souci principal était d’apporter à ses patients une meilleure qualité de vie. Pour ce faire, Caydedo va développer une méthode scientifique qui puise ses sources dans plusieurs techniques d’inspiration occidentale et orientale et qui repose sur l’idée que l’homme peut agir sur lui-même et se transformer par le biais de la conscience. La sophrologie permettrait donc à chacun de développer ses potentiels en s’appuyant sur ses ressources propres. « Nos états corporels et mentaux étant étroitement liés, il s’agit d’écouter son corps, ses ressentis corporels, pour mieux se connaître et libérer son mental afin de parvenir à un état de conscience aiguisé et de détente à tous les niveaux »,  nous assure Anne-Marie qui préfère plus modestement parler d’outil et de technique psychocorporelle. Car pas question pour notre diplômée de psychologie de se perdre dans des considérations trop théoriques qu’elle a malgré tout résumées dans son livre intitulé Pour en savoir plus sur la sophrologie. Anne-Marie a retenu la leçon du Dr Yves Davrou, grand spécialiste de la matière, qui écrit dans un de ses ouvrages : « Rappelez-vous que l’essentiel est la pratique, tout le reste n’est que bavardage. » Très concrètement donc, la sophrologie va reposer sur les trois piliers que sont le relâchement musculaire, la respiration et la visualisation positive. Les exercices suggérés par Anne-Marie (hémicorps, pompage des épaules, éventails, etc.) sont aisément accessibles et reposent sur la même articulation commune : tension suivie de relâchement, accompagnés de temps de respiration spécifiques. Les séances de sophrologie qu’elle propose durent en moyenne une heure. Un premier temps d’échange (« l’anamnèse ») précède les exercices de relaxation dynamique (deux, trois ou quatre selon les besoins et la durée des exercices choisis). Ensuite, elle conduit le client (le « sophronisé »), assis ou couché, à un état de relâchement musculaire complet et à un état proche du sommeil que l’on appelle « sophroliminal ». C’est au cœur de cette « sophro » que l’on va induire les visualisations positives choisies en fonction des besoins et des ressources de chacun. Enfin vient le temps de la phénodescription (ou « phéno ») qui est le moment privilégié où le sophronisé peut exprimer ses ressentis, sans aucune obligation, comme un temps ouvert à l’expression de chacun, sans jugement. La séance est alors close. Ne reste plus qu’à prendre rendez-vous pour une nouvelle séance qui vous aidera à mieux gérer votre stress, vos appréhensions ou vos anxiétés passagères, à retrouver un sommeil de qualité ou bien encore à vous préparer mentalement pour une épreuve ou un examen. Les applications de la sophrologie sont multiples, qui toutes contribuent à améliorer votre quotidien.

Le "prana", pour ramener calme et confiance
Le « prana », pour ramener calme et confiance

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« La confiance est au coeur de mon métier » (Sébastien Guillet, fondateur de « Services 14 »)

Sébastien Guillet, fondateur de « Services 14 »

Le secteur des services à la personne connaît à l’heure actuelle un essor considérable. Sébastien Guillet, le fondateur de « Services 14 », a su en anticiper les fantastiques potentialités il y a dix déjà ans en créant sa propre structure dans le 14ème arrondissement de Paris.

Un cadre légal et fiscal incitatif

C’est en 2005 avec le « plan Borloo » qu’est donné en France le véritable coup d’envoi du développement du secteur des services à la personne. Sébastien Guillet connaît justement à l’époque une période de chômage car la société de services informatiques pour laquelle il travaille a été vendue à un concurrent de plus grosse taille. S’investir dans les services à la personne est l’occasion pour lui d’élargir son champs de compétences et d’action. Il décide donc de prendre le train en marche et de créer son propre emploi. Cet enfant de Plaisance mise sur sa connaissance du quartier et sait qu’il pourra bénéficier d’un bouche à oreille avantageux si son offre de services correspond à l’attente de la population. Il entreprend sa propre étude de marché pour s’en assurer. Son projet lui semble répondre aux exigences de la règle du marketing mix dite des « 4 P » (Produit/Promotion/Prix/Place) : 1°) Le Produit bénéficie du cadre légal nécessaire et répond à une vraie demande du public en raison notamment du vieillissement de la population ; 2°) Il en assurera lui-même la Promotion en activant son réseau local ; 3°) Il s’alignera sur les meilleurs Prix de marché en proposant des forfaits de 10, 20 et 50 heures pour les services les plus couramment utilisés ; 4°) Le 14ème arrondissement avec ses 130 000 habitants constitue un marché suffisamment vaste pour la structure à taille humaine qu’il veut créer. Mais c’est bien sûr surtout l’avantage fiscal attaché à la consommation de services à la personne qui rend son produit particulièrement attractif : un crédit d’impôt sur le revenu égal à 50 % des dépenses engagées est en effet accordé aux ménages dans la limite de 15 000 € par an. Sébastien développe ainsi progressivement sur le 14ème arrondissement de Paris une clientèle principalement constituée de contribuables actifs. Les services qu’il propose rentrent dans le cadre de ceux visés à l’article D7231-1 du Code du travail et vont des petits travaux de jardinage et de bricolage à la garde d’enfants, au soutien scolaire et au cours à domicile en passant par le repassage, les courses et l’assistance informatique et administrative. Sébastien a choisi de fonctionner en mode prestataire (le plus répandu) qui fait de lui le véritable employeur des personnes qui interviennent auprès de ses clients. Il est à ce titre responsable d’une petite vingtaine de personnes qu’il emploie à temps plein ou partiel. Son rôle consiste à centraliser les demandes de ses clients, à assurer le suivi des prestations fournies et à en contrôler la qualité.

Un secteur toujours porteur de promesses d’avenir

Car la relation client est sa priorité absolue  : « La confiance est au cœur de mon métier, insiste-t-il. C’est un secteur d’activité où on laisse rentrer les gens chez soi que ce soit pour du ménage, du bricolage, de la garde d’enfant ou de l’assistance informatique. Mes clients ne sont pas prêts à laisser débarquer n’importe qui chez eux simplement en cliquant sur un bouton. » D’où la priorité accordée au bouche à oreille sur les campagnes internet pour assurer la promotion de ses services. Confiance, proximité, réactivité et prestations sur-mesure sont les principaux avantages comparatifs qui démarquent les 25.000 petites structures existantes en France des grandes  enseignes (O2, Shiva) par nature beaucoup plus anonymes et beaucoup moins flexibles. Sébastien se félicite ainsi de pouvoir créer du lien social autant que de rendre service. C’est sans doute la meilleure façon de consolider sa clientèle et de la développer. Mais pas la seule. La prochaine étape pour lui va en effet consister à développer une offre de services à destination des enfants de moins de trois ans et des personnes handicapées ou âgées dépendantes. Pour cela, il lui faudra obtenir un nouvel agrément car l’agrément simple délivré par la Préfecture de Police de Paris ne l’autorise pour l’instant pas à accéder à ces segments de clientèle. Il pourrait également bénéficier d’une réforme actuellement à l’étude qui consisterait à permettre aux ménages de ne plus débourser que la moitié de la valeur des prestations consommées en leur faisant bénéficier par anticipation du crédit d’impôt auquel ils ont droit. Mais dans tous les cas Sébastien ne se fait guère de souci pour l’avenir : accompagnant le vieillissement de la population, le secteur des services à la personne a vocation à connaître une croissance continue dont il escompte bien tirer les meilleurs fruits.

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